Retour sur les ateliers créatifs : contribution de Jérôme Joy

j’ai participé ces jours-ci à plusieurs des ateliers, jusqu’au dernier qui va avoir lieu aujourd’hui en soirée. Je vais essayer de sérier mes remarques et propositions en répondant en parallèle dans les rubriques de ce blog, même si, on peut le remarquer aisément, les discussions ont fait sortir des « sujets » communs qui traversent l’ensemble des ateliers.

Une première remarque générale pour cette première contribution :

J’ai été agréablement surpris du dynamisme présent dans ces ateliers, de la libre parole et également de la bienveillance des échanges. Cela m’a permis de découvrir des acteurs et des actions : plus d’échanges et durant toute l’année, serait un formidable moteur (souhait)…

Une seconde :

Je remarque aussi qu’en tant qu’artiste (habitant Saint-Nazaire depuis cinq ans), et de mon point de vue d’artiste, et ayant souvent participé à ou mené des projets et programmes artistiques collectifs (assos, projets, etc.) les points forts qui ressortent du questionnement de la place de la création et de la culture dans notre société, sont très proches des préoccupations des artistes.
Je trouve, sans prétention, que de nombreux artistes savent bien, c’est une de leurs forces, et ceci lorsqu’ils ont en mains leurs propres enjeux, manier et mettre en œuvre (c’est le cas de le dire) ces points et questions : la co-construction, la co-responsabilité, les solutions économiques et équitables, la réflexion sur les liens (sans que l’artiste soit un pansement), la réactivité, l’adaptabilité, la transversalité, les circuits directs, les hiérarchies horizontales, les connexions continuelles avec l’extérieur, l’imagination pratique, etc.
En boutade : nous pouvons sans doute, en tant qu’artistes, et avec vous, faire des apports significatifs et constructifs aux réflexions menées ! ;-))

Une troisième, plus spécifique :

Bien entendu, cela vient un peu contredire l’image d’Épinal dont on revêt les artistes et que j’entends souvent : isolé, génial (égo démesuré), centré sur son travail et sa carrière, sur un circuit de marché, etc. ; et également contredire les objectifs que l’on voudrait donner aux artistes : un entrepreneuriat volontaire (et très privé), chercheur de succès et de notoriété, destiné à une carrière et à un réseau de ventes, accéder au maximum de public, voire l’image d’une « profession » dont le statut serait similaire à une profession libérale (comme un médecin ou un artisan, alors que de meilleures images pourraient être sans doute le chercheur chimiste ou géologue, ou encore le philosophe – est-ce que être philosophe est un métier ?, etc.).
Tout cela crée des images qui faussent les réalités que vivent les artistes aujourd’hui.
Comme proposition et exemple entre artistes à Saint-Nazaire, je parlerai dans une des rubriques du « Projet Neuf » que nous sommes en train d’élaborer et de construire en ce moment.

Une quatrième, pour conclure :

Finalement, en tant qu’artiste, développant depuis de nombreuses années autant au niveau national et international, je suis très attiré par élaborer et contribuer localement, car c’est dans les proximités (ici à Saint-Nazaire) que se jouent plein de choses, et ceci avec des qualités, des échelles et des natures différentes (je parlerai dans une des rubriques d’exemples de projets artistiques menés dans la ville).

Ceci correspond à trouver le fondement même de la création artistique dans la proximité avec des habitants, des jeunes générations (avec les lieux de formation), d’une population plurielle et multi-culturelle (avec les nouvelles arrivées et les Chantiers), d’une histoire spéciale de la ville, d’une histoire aussi de l’éducation populaire, des enseignements alternatifs, des luttes sociales, etc. et au fait de reconnaître qu’en art, la coexistence et la concomitances avec d’autres pratiques et d’autres questions, est essentiel pour développer des espaces critiques, des espaces ouverts, des espaces communs de dynamiques et de questions.

Ceci me pose question : quelles sont les natures de cette attraction et envie que je ressens et perçois ? et comment puis-je y répondre, activement, de mon point de vue et avec mon expérience (professionnelle) ?

Ne vous inquiétez pas, la prochaine fois, je serai plus court et synthétique (la restitution de chaque atelier le demande) 😉
Je vais m’y atteler en contribuant à chaque rubrique atelier.

– Jérôme Joy ( joy@thing.net )

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